Burundi - RFA

Signature d'un accord de coopération d'une enveloppe de 45.282.325 euros

            BUJUMBURA, 28 fév (ABP) - Le chef de la délégation allemande, M. Henriech Lenkh, a signé jeudi à Bujumbura un accord de coopération avec le Burundi d'une enveloppe globale qui s'élève à 45.282.325 euros. Le montant qui est réservé à la coopération financière s'élève à 37.782.325 euros tandis que la coopération technique sera couverte par une enveloppe de 7.500.00 euros, précise-t-on. M. Henriech Lenkh a indiqué que cette aide va contribuer à l'amélioration des conditions de vie sociale et économique du peuple burundais. Le directeur général de la division Europe, Amérique du Nord et Organisations internationales, l'ambassadeur Balthazar Habonimana, a indiqué que cette aide sera utilisée pour la prévention des conflits, la promotion de la démocratie et des droits de l'homme ainsi que la réinsertion et la réintégration des sinistrés. Elle va servir également dans le domaine de la santé, notamment dans la lutte contre la pandémie du VIH/Sida. Cette aide sera consacrée aussi au programme sectoriel d'alimentation en eau potable aussi bien dans les centres urbains que dans le monde rural. M. Habonimana a précisé que la réalisation du programme arrêté ensemble pourra démarrer dès cette année 2002, avant d'ajouter que la prochaine commission mixte pour examiner la coopération future est prévue au cours de l'année 2003. La signature de cet accord, a-t-il souligné, est une concrétisation des promesses faites par la République fédérale d'Allemagne lors des conférences des bailleurs de fonds sur le Burundi tenues respectivement les 11 et 12 décembre 2000 à Paris et les 6 et 7 décembre 2001 à Genève.            abp            dnd/dn   FEV 02

 

Burundi - Droits de l'homme

Triste bilan pour l'année 2001

            BUJUMBURA, 28 fév (ABP) - L'année 2001 a été marquée par les violations massives des droits de l'homme au Burundi, souligne le rapport annuel publié par la Ligue burundaise des droits de l'homme, Iteka, précisant que le droit à la vie reste le plus violé. Les violences du conflit armé ont eu des répercussions graves sur les populations civiles non armées occasionnant notamment des pertes en vies humaines, des destructions d'infrastructures publiques et équipements, des déplacements massifs des populations à l'intérieur et à l'extérieur du pays, indique le rapport. Les cas de violations du droit à la vie rapportés à la ligue font état de 894 personnes tuées dont 621 par la rébellion, 265 par les militaires de l'armée régulière et 8 par des "gardiens de la paix", 352 blessés dont 319 par des rebelles et 30 par des militaires de l'armée régulière et 3 autres par des "gardiens de la paix". "Neuf ans après la ratification par le Burundi de la convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, la pratique de la torture reste monnaie courante dans les cachots des différents corps de police", constate-t-on dans ce rapport. Les établissements pénitentiaires sont caractérisés par des détentions préventives trop prolongées et la surpopulation. La population pénitentiaire qui était descendue en dessous des 9.000 détenus au mois de mai 2000, a été dépassée au cours du mois d'aôut 2001 avec un effectif de 9.055 pour une capacité d'accueil de 3.650 personnes, précise-t-on. Les arrestations et les mises en détention sont souvent caractérisées par l'arbitraire et la force, affirme le rapport. Ce dernier indique aussi que la liberté de circuler est restée gravement compromise par des embuscades tendues par la rébellion. Le droit à la liberté a été souvent violé aussi.

C'est le cas des intimidations et menaces à l'endroit des journalistes ainsi que l'interdiction à plusieurs reprises des réunions et marches-manifestations publiques pacifiques, ajoute le rapport. Selon le rapport, la femme burundaise fait face à plusieurs catégories de violations de ses droits, notamment l'expropriation foncière, la violation physique dans les ménages, le viol et le harcèlement sexuel dont sont victimes certaines écolières et élèves par des adultes. Le nombre d'enfants en situation difficile ne cesse de s'accroître malgré un nombre important d'intervenants en leur faveur. Le rapport souligne également que les conditions de vie sociale des populations n'ont cessé de se détériorer et que le Burundi est classé parmi les trois pays les plus pauvres de la planète avant le Niger et la Sierra Leone. Les droits à la santé et à l'éducation n'ont pas été épargnés non plus. Le rapport conclut sur plusieurs recommandations à l'endroit du gouvernement, aux mouvements de la rébellion armée et à la communauté internationale. Le gouvernement est appelé à s'impliquer d'une façon solidaire pour continuer à mener des actions appropriées, notamment des négociations avec les factions rebelles en vue d'aboutir rapidement à un cessez-le-feu durable. La rébellion doit respecter le droit international humanitaire et cesser de tuer des populations civiles non combattantes ou non impliquées dans le conflit armé. A la communauté internationale, il demande de mettre en œuvre  des mécanismes de pression sur la rébellion armée et leurs bailleurs pour la conclusion urgente d'un cessez-le-feu, garant de l'application effective de l'accord d'Arusha.

abp      bk/dn  FEV 02

 

Mwaro - Education

La crise à l'ITAB Gisozi s'enlise

            MWARO, 28 fév (ABP) - Les étudiants de l'Institut technique agricole du Burundi (ITAB) de Gisozi (centre-ouest) ont repris mardi leur mouvement de grève pour protester contre la rétrocession à un particulier d'une propriété foncière de l'ordre de 25 hectares que l'école exploite depuis 18 ans, en exécution de la décision du ministre de l'Aménagement du territoire et de l'Environnement sortant datant du 22 octobre 2001. Le premier mouvement de grève avait eu lieu du 08 au 12 février puis suspendu par les mêmes élèves après avoir appris du directeur provincial de l'enseignement que le ministre de l'Education nationale était saisi de la question et que l'activité de l'école devait continuer sur toute son ancienne propriété jusqu'à ce que le conflit soit tranché par les autorités compétentes. Mais, depuis la semaine dernière, selon les représentants des élèves, les nouveaux acquéreurs du terrain se sont adonnés à la coupe des plantes fourragères et des arbres du boisement de l'école, ce qui a ravivé le mouvement de protestation. Les enseignants, quoi que n'étant pas en grève, affirment de leur côté être gênés par le fait qu'une école à vocation agricole soit dépossédée de 25 ha sur les 30 qu'elle avait, la partie bâtie comprise, ce qui, non seulement rend impossible les séances de travaux pratiques et la bonne marche de la petite ferme de l'école, mais aussi brise les projets à court terme d'extension de l'institut par la mise en place de deux autres sections: la section foresterie et la section vétérinaire. Aussi les mêmes enseignants dénoncent-ils le fait que cette rétrocession du terrain de l'ITAB ne soit pas conforme au contenu de la lettre du ministre de l'Aménagement du territoire et de l'Environnement qui octroyait à ce privé 18 ha dans la partie non exploitée par l'institut. Or, disent-ils non seulement la rétrocession a concerné 25 ha au lieu de 18, mais aussi la partie non exploitée n'existe pas car les 25 ha pris à l'école comportent 3 ha de tripsacum, 1 ha de théiers, 10 ha d'eucalyptus, 3 ha de jachère et 8 ha de pâturage amélioré qui sont selon eux des espaces effectivement exploités et indispensables pour une école qui doit produire des techniciens agronomes. Plutôt, suggèrent-ils, le ministère de l'Aménagement du territoire, de l'Environnement et du Tourisme devrait chercher un autre terrain de mêmes dimensions à ce privé en échange, au lieu de menacer de disparition un institut cher au pays comme l'Institut des techniques agricoles du Burundi (ITAB). En réalité, précisent les mêmes enseignants, seuls 18 ha de terres restent à chercher car ce particulier a déjà bénéficié de 12 ha à Rukoko, en commune Gihanga, province de Bubanza (nord-ouest) par la même décision ministérielle. Entre-temps, les élèves de l'ITAB Gisozi poursuivent leur mouvement de grève au moment où les autres écoles se préparent à finaliser le second trimestre de l'année scolaire.

abp     

gb/dn   FEV 02