Burundi
– Politique
BUJUMBURA, 2 mars (ABP) – La Compagnie des Apôtres pour la Paix (CAP) a
organisé une conférence publique jeudi sur le thème «La nature du conflit
burundais et ses complices". Dans son exposé, M. Jean-Marie
Ntezukobagira, cadre de la direction provinciale de l’enseignement de
Bujumbura, a fait remarquer qu’au cours des négociations interburundaises de
paix, les parties en conflit ont défini ce conflit comme étant fondamentalement
politique. Cependant, ce conflit a eu des dimensions ethniques extrêmement
importantes qui découlent d’une lutte de la classe politique pour accéder au
pouvoir ou pour s’y maintenir. Il a
montré comment pendant la période coloniale, les colonisateurs ont détruit les
valeurs culturelles burundaises comme le culte de kubandwa (office divin
traditionnel). Ils ont négligé les bashingantahe (notables) qui, dans le temps,
étant issus de toutes les ethnies,
jouait un rôle irremplaçable de juge,
d’arbitre et de conseiller à tous les niveaux, assurant ainsi l’équilibre et la
cohésion sociale. Parlant de la période post-coloniale, il a précisé qu’elle a
été caractérisée par des actes de génocide, des crimes contre l’humanité et
autres crimes de guerre à l’endroit des communautés hutue et tutsie. C’est
durant cette période qu’apparaissent des complices du conflit actuel, a-t-il
ajouté. C’est
notamment la crise des valeurs morales, la politique du ventre, la sacralisation
du pouvoir par le parti unique et la mauvaise intégration du changement de
l’ordre politique international. Il a préconisé des solutions à la
problématique du génocide et de l’exclusion. Pour les solutions politiques, il
a insisté sur la lutte contre l’impunité, la prévention, la répression et l’éradication du génocide et de
l’exclusion, la promotion d’un front inter-ethnique de résistance contre le
génocide et l’érection d’un monument national à la mémoire de toutes les
victimes du génocide et l’instauration d’une journée nationale aux mêmes fins.
Il a aussi proposé des mesures juridiques telles que les enquêtes et
l'établissement des faits couvrant la période allant de l’indépendance à la
date de signature de l’accord d'Arusha. La plupart des intervenants ont déclaré
que les accords d’Arusha pour la paix ne sont pas rassurants car, au lieu de
commencer à négocier le cessez-le-feu, ils ont négocié le partage des postes
politiques. Au stade actuel, ils ont
proposé de faire intervenir tous les belligérants dans le conflit burundais et
les réunir autour d’une table de négociation. abp im/dn MARS/02
Burundi – Indonésie -Corée du Sud
Présentation des lettres de créance des ambassadeurs
d’Indonésie et de la Corée du Sud.
BUJUMBURA, 2 mars(ABP) - Le chef de l’Etat burundais, M. Pierre Buyoya,
a reçu en audience vendredi les ambassadeurs de l’Indonésie et de la Corée du
Sud au Burundi résidant à Dar es-Salaam, respectivement M. Hannief Djohan et
Juheon Jeong venus lui présenter leurs lettres de créance. L’Ambassadeur Hannief Djohan a indiqué à la presse que l’Indonésie et le
Burundi restent ensemble dans le groupe des pays non-alignés et que les deux
peuvent collaborer dans ce sens et surtout dans le cadre de la coopération
Sud-Sud. Pour la part, l’ambassadeur Juheon a fait remarquer que la Corée du
Sud et le Burundi sont caractérisés par de bonnes relations et qu’ils doivent
renforcer le domaine de la coopération. Mon gouvernement, a-t-il dit, fera tout pour aider le Burundi surtout dans les domaines
de la médecine et de l’éducation. Par ailleurs, les deux ambassadeurs ont
réaffirmé le ferme soutien de leurs pays au processus de paix du Burundi qui,
ont-ils jugé, prend une allure encourageante.
abp yn/dn MARS 02
Burundi – Tanzanie
Satisfaction du ministre burundais après sa visite
dans les camps tanzaniens des réfugiés
BUJUMBURA, 2 mars (ABP) –
Le ministre burundais à la Réinsertion et à la Réinstallation des déplacés
et des rapatriés, Mme Françoise Ngendahayo, a exprimé sa satisfaction à l’issue
de sa visité dans les camps des réfugiés en Tanzanie. Elle a indiqué que la
grande majorité veut rentrer sans plus tarder. La visite en Tanzanie –t-elle
précisé, visait à faire dans ses camps des échanges avec les réfugiés afin de
mieux organiser leur rapatriement. Mme
Ngendahayo a souligné que dans les camps de réfugiés en Tanzanie la délégation
a mis en avant les accords d’Arusha, les institutions de transition, la réforme
de l’armée qui reste la question la plus préoccupante des réfugiés, et aussi
les questions techniques du rapatriement. A l’issue de cette visite, 10
réfugiés sont rentrés avec la délégation burundaise composée de membres du
gouvernement et des parlementaires, 2.000 autres se sont fait inscrire dès le
lendemain de la visite dans le camp de Kibondo pour le rapatriement, a-t-elle
fait remarquer. Un groupe plus important de réfugiés veut rentrer avant la fin
de la saison pluvieuse, a-t-elle dit, mais des intimidateurs orchestrent une
campagne de désinformation, a-t-elle déploré, ajoutant que le manque de
préparation psychologique effective pour le rapatriement et l’absence d’un
cessez-le-feu peuvent constituer des obstacles. abp jmh/dn MARS
02
Karusi - Développement
Le PREBU prend les devants sur les autres
intervenants.
KARUSI, 2 Mars (ABP) – Le
programme de réhabilitation du Burundi (PREBU) prend les devants sur les autres
ONGs qui interviennent à Karusi (Centre-Est du Burundi), selon les membres du
comité provincial de développement. Le PREBU est jeune à Karusi, car ses activités
ont débuté au mois de mai 2001, mais il vient de terminer la construction dans
l’école primaire de Rutonganikwa tandis que celles de Ruyaga, Kanyange et
Rusagara s’achèvent avec le mois de mars au moment où il ouvre les chantiers
des écoles primaires de Rusi, Gaharo et Gikombe. Outre la reconstruction, le
PREBU vient de lancer un projet d’aménagement des exploitations agricoles et de
restauration de l’environnement en commune Mutumba sur 100 ha. Les adductions
d’eau de Nkoronko et de Ruvubu respectivement pour le centre Karusi et le site
de déplacés de Ruvubu sont en réalisation.
abp lnsh/dn MARS
02
Burundi - Rwanda
Rencontre au Rwanda des autorités de la commune
Kabarore et du district rwandais de Nshili
KAYANZA,
2 mars (ABP) - Les autorités administratives et militaires de la commune
Kabarore, en province de Kayanza (nord du Burundi), ont rencontré au Rwanda
leurs homologues rwandais du district de Nshili de la préfecture de Gikongoro
(sud du Rwanda) pour parler de la situation sécuritaire sur la frontière
commune, des relations entre les populations limitrophes et de la question de
la fraude. Les deux délégations ont pris des mesures pour sauvegarder la
sécurité des populations voisines. La situation sécuritaire sur la frontière
commune reste préoccupante car, précisent les deux délégations, l'ennemi est
commun. Il s'agit des rebelles burundais des FDD et des résidus de l'armée
génocidaire rwandaise souvent signalés dans la forêt de la Kibira du côté de
Rugazi en commune Kabarore qui se prolonge jusqu'au district de Nshili sous le
nom de forêt de Nyungwe. Les autorités de Nshili ont beaucoup apprécié comment
les forces de l'ordre des secteurs de Kabarore et Ndora les ont aidés à déloger
l'ennemi lors des attaques du mois de juillet et août 2001. Actuellement, la
situation sécuritaire est jugée globalement bonne sur les frontières.
Cependant, ont-ils recommandé, les forces de l'ordre et l'administration ont
été interpellées pour suivre de près les mouvements des personnes afin d'éviter
les pièges de l'ennemi qui vole les vaches et les chèvres avant de se replier
dans la forêt. Les deux délégations ont également fustigé les irrégularités
constatées des personnes qui franchissent la frontière sans pièces
d'identité ni de laissez-passer. La
fraude a été signalée sur le sucre et la bière Amstel venant du Burundi et
l'exploitation frauduleuse de la cassitérite par des Rwandais à Kabarore et
Mabayi.
abp ak/dn MARS 02