Burundi - Processus de paix

La donne ethnique dans la formation des institutions pour contenir et minimiser l'ethnisme

            BUJUMBURA, 5 mars (ABP) - Le séminaire d'explication de l'Accord d'Arusha pour la paix et la réconciliation au Burundi a été marqué lundi par la présentation des différents protocoles de l'Accord ayant fait l'objet, à Arusha, de discussions entre ses signataires. Les séminaristes ont pu échanger notamment sur le thème en rapport avec la nature du conflit burundais, les problèmes de génocide, d'exclusion et leurs solutions. Ce thème, précise-t-on, a été présenté et développé par le président du Sénat, M. Libère Bararunyeretse. Dans sa communication, ce dernier a rappelé que le Burundi n'a pas connu de conflit à caractère ethnique au cours de la période pré-coloniale. Par contre, a-t-il affirmé, la colonisation a joué un rôle déterminant dans le renforcement des frustrations chez les différents groupes ethniques et dans la naissance des divisions. La période post-coloniale quant à elle, a-t-il poursuivi, a été caractérisée par des actes de génocide, des crimes de guerre et autres crimes contre l'humanité à l'encontre des communautés hutue et tutsie. Des divergences subsistent cependant sur l'interprétation et l'influence de ces crimes sur la vie politique. C'est pour cette raison que l'Accord signé à Arusha prévoit la création des commissions nationale et internationale d'enquête pour clarifier la situation. En revanche, les négociateurs de cet accord se sont convenus de considérer la nature du conflit burundais comme étant fondamentalement politique avec des dimensions ethniques importantes et découle d'une lutte de la classe politique pour accéder au pouvoir ou s'y maintenir. Au cours des échanges, certains participants ont sévèrement critiqué l'existence des G7 et G10, constitués sur base d'appartenance ethnique et qui, d'après eux, consacre l'ethnisation de la vie politique. En effet, ont-ils fait remarquer, le partage de postes de responsabilité dans les grandes institutions du pays s'est basé essentiellement sur l'appartenance ethnique. Mais le président du Sénat n'a pas la même interprétation. En prenant ces mesures, a-t-il dit, c'est pour contenir l'ethnisme et le minimiser. D'autres expriment une préoccupation selon laquelle les réserves émises sur cet Accord ont  tendance à être oubliées sciemment ou pas. Il s'agit entre autres de la question en rapport avec l'amnistie. Il y en a également qui ont exprimé des inquiétudes selon lesquelles la communauté des Ganwas descendants du roi a été exclue. En revanche, pour éviter l'exclusion, l'Accord prévoit la correction, par des réformes appropriées, des déséquilibres divers y compris entre hommes et femmes. Par ailleurs, souligne-t-on, l'Accord d'Arusha préconise la répartition et la redistribution équitables des ressources nationales dans tout le pays. Il en est de même de la restitution, aux ayants droit des victimes de différentes crises, des biens confisqués par certains organismes ou par l'Etat ou volés par des tiers. abp            dnd/dn    MARS 02

 

Burundi - Femmes

Le Burundi se prépare à célébrer la journée internationale de la femme

            BUJUMBURA, 5 mars (ABP) - Le Burundi se prépare à célébrer la journée internationale de la femme édition 2002. Cette fête, célébrée le 8 mars dans le monde entier, se passera au Burundi sous le thème "Ensemble vers un partenariat solide homme-femme pour un développement durable et équitable". En reformulant ce thème, le ministère en charge de la Promotion de la femme veut amener les hommes et les femmes à s'investir davantage dans toute action visant la promotion de l'égalité des genres.

Il s'agit en effet d'un thème qui répond en outre aux préoccupations relatives à la vulgarisation de la convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes qui est en cours de diffusion. Ainsi, le thème s'inscrit-il dans le cadre de la campagne de sensibilisation et de renforcement des capacités pour une meilleure intégration du genre, en direction des acteurs clés dans la prise de décision et de tous les acteurs dans l'accompagnement des communautés. Diverses activités sont prévues au cours de la semaine dédiée à la femme du 11 au 16 mars, laquelle sera clôturée par des cérémonies officielles prévues à Ngozi (nord du Burundi) dans le but de soutenir les initiatives des associations et groupements féminins.          

abp     

ynd/dn  MARS 02

 

Bubanza - Rébellion

Plusieurs vaches volées au cours d'une attaque des rebelles à Gahongore

            BUBANZA, 5 mars (ABP) - Des rebelles ont attaqué à Gahongore en zone Mitakataka, près de Bubanza (nord-ouest du Burundi), dans la nuit de dimanche à lundi vers 23h, tuant une dizaine de vaches et emportant plusieurs autres, a-t-on appris sur le lieu du drame. Le poste de la REGIDESO relayant le courant électrique de Mururu II et de Rwegura vers Bujumbura a été aussi attaqué, enregistrant des dégâts que son directeur général, qui s'est directement rendu sur les lieux lundi matin, a qualifiés de "faciles à réparer". Ces dégâts ont interrompu la fourniture de courant à Bubanza et à Bujumbura. Depuis lundi matin, les techniciens de la REGIDESO sont à pied d'œuvre pour rétablir ce courant, a-t-on constaté. Du côté rebelle, trois corps ont été trouvés lundi matin dans le site de déplacés de Gahongore. Selon les témoignages de la population de Gatura, en zone Mitakataka, où les rebelles sont passés lors de leur repli, des rebelles tués ou blessés ont été transportés à l'aide des civières. Cette même population avait déserté le village de Gatura, fuyant vers Bubanza-centre, Gahwazi en commune de Mpanda et Kizina en commune de Gihanga. Elle est retournée au village progressivement durant la journée. Les jeunes gardiens de la paix de Mitakataka ont pu, dans la même nuit, récupérer 42 vaches parmi celles volées par les rebelles. Elles ont été remises aux propriétaires de Gahongore.

abp     

fb/dn   MARS 02

 

Ngozi - Education

Sensibilisation sur le bien-fondé de l'éducation préscolaire

            NGOZI, 5 mars (ABP) - Le département de l'Education préscolaire a organisé lundi une réunion de sensibilisation des différents partenaires de la zone Nord sur le bien-fondé de cette éducation. Mme Marie Mpinyurempore, directeur-adjoint de ce département, a indiqué dans son mot de circonstance que les garderies communautaires sont aujourd'hui plus importantes qu'hier d'autant plus que les parents n'ont plus le temps suffisant pour s'occuper de leurs enfants dès leur jeune âge. En plus, les enfants habitaient naguère avec la grande famille, notamment chez les grands-parents, les oncles ou les cousins, alors qu'aujourd'hui ils ne sont qu'avec la famille nucléaire. Les administrateurs communaux ont été beaucoup sollicités pour qu'ils aident les parents dans la multiplication des écoles maternelles combien importantes dans l'éducation des enfants. Il a été en effet prouvé qu'un enfant, qui a été préparé à l'école maternelle, suit mieux l'enseignement primaire. Le département de l'Education préscolaire a promis d'appuyer ces écoles, notamment par l'octroi du matériel didactique et la formation des enseignants. Ces écoles ne sont pas nombreuses en zone Nord. A Muyinga par exemple, il y a 5 classes seulement, à Ngozi 6 classes et à Kayanza 3 classes. Des suggestions ont été recueillies pouvant aider à finaliser le dossier sur la politique de l'éducation préscolaire en cour d'élaboration.

abp

and/dn   MARS 02