Burundi - Education

Les réformes du système éducatif demeurent incontournables

            BUJUMBURA, 11 mars (ABP) - La province de Mwaro vient d'inaugurer samedi dernier l'année académique 2001-2002, de son université. Dans un mot de circonstance, le président du Burundi, Pierre Buyoya a réaffirmé que le gouvernement du Burundi ne ménagera aucun effort pour soutenir la promotion et le développement de l'éducation dans son pays. Certes, a reconnu le chef de l'Etat, à cause de moyens insuffisants, l'Etat seul ne saurait accomplir cette noble mission sans le concours de la population bénéficiaire. Et pour montrer davantage que le gouvernement accorde une importance particulière à l'éducation, le président Buyoya a révélé que la part du budget national alloué à ce secteur représente entre 20 et 25%. Ainsi, il a saisi cette occasion pour encourager toutes les initiatives privées visant à créer des établissements supérieur, secondaire et primaire partout dans le pays où le besoin se fait sentir. Pour sa part, le gouvernement a promis d'accorder certaines facilités tels que l'obtention gratuite des parcelles pour les constructions d'écoles, la détaxation et l'exonération d'impôts pour le matériel d'enseignement et l'octroi de bourses aux étudiants des universités privées qui remplissent les conditions. En revanche, le gouvernement n'est pas prêt à payer les salaires des professeurs pour leurs prestations dans les universités privées. Evoquant les problèmes de l'Université du Burundi, le Chef de l'Etat a rassuré la population qu'il n'y aura pas de démantèlement de cette institution, comme certains le laissent entendre. Toutefois, compte tenu de l'augmentation sans cesse croissante des étudiants, la transformation des infrastructures universitaires est incontournable. Il en est de même de l'introduction des réformes dans les programmes d'enseignement pour répondre aux exigences du moment. Le président Buyoya n'a pas manqué d'inviter la population à soutenir le processus de paix et à s'atteler aux travaux de développement en augmentant la production pour réduire la pauvreté. Le gouverneur de Mwaro, M. Nestor Niyungeko a demandé que sa province soit reliée à des chef-lieux d'autres provinces par une route bitumée en vue de faciliter les échanges de produits. Pour se part, le représentant légal de l'université de Mwaro, le père Liboire Kagabo a exhorté les étudiants d'être assidus au travail. Cette université, rappelle-t-on, compte 42 étudiants, répartis dans trois instituts qui sont l'Institut supérieur paramédical, l'Institut de droit et l'Institut d'administration et gestion. Sa devise, souligne-t-on, tient essentiellement sur la formation scientifique, le professionnalisme et le développement. Pour l'heure, les activités suivent leur cours normal. L'année académique sera clôturée à la fin du mois d'août.         abp      dnd-gb/dm    MARS 02

 

Burundi - ASF

Après trois ans d'interventions au Burundi, ASF diversifie ses actions

            BUJUMBURA, 11 mars (ABP) - L'ONG internationale "Avocats sans frontières" (ASF) intervient au Burundi depuis 1999 dans l'assistance des prévenus et de la partie civile dans le contentieux de la crise qui secoue le Burundi depuis 1993. L'assistance est exercée devant les trois chambres criminelles du pays (Bujumbura, Gitega et Ngozi) et dans les juridictions militaires dans le cadre du programme "justice pour tous". Depuis quelques mois, ASF a ouvert d'autres champs d'actions en créant une cellule juridique.

 

 

Elle intervient dans des situations relatives aux droits de l'homme et au disfonctionnement important de l'institution judiciaire et pénitentiaire.  D'après le chef de mission a.i d'ASF au Burundi, M. Jean Charles P., la cellule judiciaire connaît des situations très diverses comme des cas de tortures et de violences judiciaires ou militaires. Des gens viennent les voir pour des personnes détenues depuis plusieurs années mais dont on ne connaît aucune nouvelle de leurs dossiers. "Si on ne fait rien, ces personnes peuvent passer même 50 ans en prison sans jugement et quelques fois, le vol de patates vaut plus cher que la vie d'un homme, a  souligné M. Jean P., ASF essaie de trouver des solutions adaptées à ces situations quand elle est saisie. Elle fait aussi des interventions auprès des autorités qui peuvent aboutir à des solutions rapides à l'amiable sans procès. Une personne détenue depuis trois ans pour vol de pommes de terre a été libérée en décembre 2001 suite à l'intervention d'ASF. Son dossier avait été oublié sur la table d'un magistrat. Au cours des derniers mois, ASF a organisé, avec la participation du barreau du Burundi plusieurs séminaires sur la déontologie des avocats et sur la jurisprudence. En 2001, une vingtaine de cas de tortures graves ayant entraîné la mort de plus de cinq personnes ont été rapportées à Avocats sans frontières. Les dossiers sont très difficiles à traiter parce que les autorités judiciaires ont des difficultés pour poursuivre les policiers et les militaires accusés de tortures. ASF constate qu'il y a néanmoins une évolution positive de la façon dont la justice s'occupe de ces cas de tortures. L'an dernier, un policier a reconnu avoir torturé une personne et a accepté d'indemniser la victime grâce à l'intervention d'ASF. Un autre policier a été condamné à l'emprisonnement à perpétuité pour torture ayant entraîné la mort. Malheureusement, le policier s'est échappé. ASF organise ainsi des actions de sensibilisation et de formation à l'endroit des officiers de police pour qu'ils puissent évoluer, dans la pratique, vers plus  de respect des droits de l'homme. D'après M. Paras, les policiers doivent comprendre qu'ils peuvent être efficaces sans devoir exercer la torture. La torture n'est pas nécessaire pour lutter contre la délinquance. D'après la loi burundaise, la torture est un crime. Est-ce qu'un policier a le droit de commettre un crime pour arrêter un criminel ?                    

abp     

fn/dm    MARS 02

 

Makamba - Réfugiés

Une délégation des réfugiés est en visite au sud du Burundi

            MAKAMBA, 11 mars (ABP) - Une délégation de six personnes représentant les réfugiés burundais vivant dans les camps de Muyovozi et Mutabira est, depuis samedi en visite dans la province de Makamba (sud du Burundi). A son arrivée au poste-frontière de Mugina, cette délégation a été accueillie par le commandant de la 5ème région militaire, le conseiller principal du gouverneur de Makamba, le commandant du district de Makamba, l'administrateur de Makamba et quelques fonctionnaires du HCR. Cette délégation a eu l'occasion de visiter le site de transit de Kamabaro situé à moins d'un kilomètre du centre urbain de Mabanda. C'est par ce site que les rapatriés vont transiter avant d'être acheminés dans leurs communes d'origine. Cette délégation a également eu l'occasion de s'entretenir avec les autorités tant civiles que militaires autour des questions relatives à la sécurité. Toutes les six personnes représentant les réfugiés ont passé la nuit de samedi à dimanche dans leurs communes d'origine respective. Quatre parmi elles sont allées à Nyanza-Lac, une à Mabanda et une autre est partie pour  Vugizo. Cette visite intervient au moment où des réfugiés continuent à se rapatrier volontairement. Les autorités communales de Kibago ont accueilli samedi plus de 70 personnes venues essentiellement du camp de réfugiés de Mutabira. Depuis le début du mois de janvier de cette année, la province de Makamba a déjà accueilli près de 900 personnes, en grande partie originaires de la commune de Nyanza-Lac. Au cours de l'année 2001, près de 2.800 réfugiés originaires de la province de Makamba ont volontairement regagné leurs collines natales. Notons enfin que la province de Makamba s'apprête à accueillir près de 64.000 rapatriés et à réinstaller près de 102.000 déplacés éparpillés à travers les communes. 

abp      and/dm   MARS 02