Bujumbura
rural - Paix
Les comités
locaux des droits de l'homme à l'école de la prévention et la résolution des
conflits
BUJUMBURA, 20 mars (ABP) -
Trente-deux membres des comités locaux des droits de l'homme venus de toutes
les zones et communes de la province de Bujumbura rural (ouest) sont à l'école
de la prévention et la résolution pacifique des conflits. Organisé par le
ministère ayant les droits de l'homme dans ses attributions avec l'appui
financier du Centre canadien d'étude et de coopération internationale (CECI), le séminaire a pour
but de sensibiliser les gens sur l'existence des perceptions partisanes,
analyser le rôle des perceptions dans les conflits dans la vie quotidienne,
inciter les gens à l'auto-diagnostic (connaissance de soi et des autres) et
développer les techniques de gestion des perceptions et des émotions. A l'aide
des images des animaux et des proverbes kirundi, les participants ont vu et
réalisé comment une même image peut être interprétée et perçue différemment
suivant les émotions, le caractère et les connaissances, ce qui peut être à
l'origine des conflits si on n'y prend pas garde. Les formatrices, Mme Hilda
Bucumi et Goreth Nimpagaritse, ont insisté sur le fait qu'il faut bien
interpréter une image et analyser correctement les faits et les événements
avant de porter un jugement quelconque. Les participants à ce séminaire
échangeront sur deux autres thèmes, à savoir comment susciter un dialogue,
améliorer la communication et les qualités d'un bon médiateur dans les
conflits.
abp vm/dn
MARS 02
RD Congo -
ONU
Le Conseil de
sécurité exige le retrait des rebelles de Moliro en RDC
NEW YORK (Nations Unies), 20 mars (AFP) - Le Conseil de sécurité a
exigé, dans une résolution adoptée mardi, le retrait "immédiat et sans
condition" des rebelles congolais, soutenus par le Rwanda, de Moliro
(sud-est de la République démocratique du Congo) qu'ils occupent depuis la fin
de la semaine dernière. La résolution 1399, adoptée à l'unanimité, demande
également au Rwanda "d'user de son influence" sur les rebelles du
Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD) afin que ce retrait soit mis
en oeuvre. Le Conseil, dans le même texte, lance un appel au gouvernement de
Kinshasa lui demandant de "reprendre immédiatement sa participation au
dialogue" inter-congolais qui constitue, souligne-t-il,"un élément
capital dans le processus de paix en RDC". "La situation dans la
République démocratique du Congo, fait peser une menace sur la paix et la
sécurité internationales dans la région", estime le Conseil. La capture de
Moliro, que le Conseil qualifie de "violation majeure du
cessez-le-feu" a été confirmée le week-end dernier. Cette localité
stratégique sur la rive du lac Tanganyika, à proximité de la frontière
zambienne et à 600 kilomètres du Rwanda, contrôle l'un des principaux accès à
la province congolaise du Katanga, particulièrement riche en matières
premières.
La France avait accusé vendredi le Rwanda - qui a démenti - d'avoir lancé, avec
dix mille hommes de troupes, une attaque de grande envergure, à la fois par le
lac et par voie terrestre, sur Moliro et sa région. Ces informations n'ont pas
été confirmées par la Mission de l'Organisation des Nations Unies en RDC
(MONUC) qui a pu se rendre à Moliro ce week-end et constater que les rebelles
contrôlaient bien la localité et l'aéroport mais sans avoir de preuve de la
présence des soldats rwandais.
Au nombre d'environ un millier (4 compagnies) et essentiellement
chargés de l'appui logistique, les soldats rwandais, selon des informations de
sources diplomatiques, sont actuellement stationnés aux abords de Moliro et
dans sa région où se trouveraient également entre 2.300 et 2.700 rebelles du
RCD. La garnison composée de forces congolaises s'est, selon les mêmes sources,
enfuie par la route mais aussi par bateau sur le lac Tanganyika. L'attaque sur
Moliro a été invoquée par le gouvernement de Kinshasa pour "suspendre sa
participation" aux pourparlers de Sun City jusqu'à la rencontre prévue le
22 mars à Lusaka des chefs d'Etats africains impliqués dans le conflit en RDC
(Angola, Ouganda, Rwanda et Zimbabwe). Prévu pour durer 45 jours, le dialogue
inter-congolais rassemble depuis le 25 février quelque 350 délégués
représentant le gouvernement de Kinshasa, les groupes rebelles, les partis
politiques et la société civile.
afp/abp MARS 02
RD Congo - Kabila
Deux officiers supérieurs inculpés
pour l'assassinat de Laurent-Désiré Kabila
KINSHASA,
20 mars (AFP) - Deux officiers supérieurs congolais ont été inculpés mardi pour
l'assassinat en janvier 2001 de l'ex-président de la République démocratique du
Congo Laurent-Désiré Kabila, mais leurs avocats ont obtenu le renvoi du procès
à début avril pour pouvoir accéder aux dossiers. "Par respect du droit de
la défense, nous accédons à leur requête et renvoyons à mercredi 3 avril la
prochaine audience", a annoncé le président du tribunal, le général Nawele
Mukongo, se référant à la demande des avocats de la défense. "Il s'agit
des vies des gens, il ne faut pas prendre la chose à la légère", a
commenté l'avocat Bernard Bonane, commis d'office pour défendre une prévenue.
Le général Yav Nawej et le colonel Eddy Kapend ont été formellement inculpés
par la Cour d'ordre militaire de complot et d'assassinat contre l'ex-président
de la République démocratique du Congo (RDC) Laurent-Désiré Kabila. Les deux
officiers comparaissaient devant la juridiction d'exception en même temps
qu'une centaine d'autres prévenus inculpés de diverses charges, notamment
"complot", "trahison" et "abandon de poste" pour
les faits qui ont entouré l'assassinat du président Kabila.
Ce dernier a été abattu le 16 janvier 2001 dans sa résidence du Palais de
marbre à Kinshasa, par l'un de ses gardes du corps, Rachidi Kasereka. Le
colonel Kapend qui était, au moment des faits, le chef de l'Etat-major
particulier et aide de camp de Laurent-Désiré Kabila, est également poursuivi
d'"usurpation de fonction" pour avoir ordonné, sans en référer à ses
supérieurs, le déploiement de troupes à des points stratégiques de la capitale,
après l'annonce de l'assassinat du chef de l'Etat.
Prévue à 9H00 locales (08H00 GMT), l'audience a débuté avec près de deux heures
de retard dans une salle où n'étaient admis que les prévenus, les avocats de la
défense, les proches des prévenus et la presse. Un public très nombreux suivait
le procès à l'extérieur de la salle, à travers des fenêtres protégées par de
grosses grilles. Le premier à comparaître, Eddy Kapend, en tenue, s'est entendu
énumérer une longue liste d'inculpations, notamment d'avoir ordonné "la
mise à mort" deux jours après l'assassinat du président, de cinq
militaires et onze Libanais. Ces derniers, commerçants et résidants de longue
date à Kinshasa, sont désignés par l'acte d'accusation comme des complices qu'aurait
eu le colonel Kapend pour préparer l'assassinat du chef de l'Etat congolais. Le
général Yav Nawej, officier de la force terrestre et ommandant, au moment des
faits, de la ville de Kinshasa, est notamment accusé d'avoir fait exécuter les
onze Libanais sur "instruction" d'Eddy Kapend dont il est très
proche, étant comme lui originaire de la province du Katanga. La deuxième
journée de cette audience ouverte le 15 mars par l'identification des prévenus,
va permettre à ces derniers, de l'avis de la centaine d'avocats qui les
assistent, de préparer leur défense. Par ailleurs, la défense a soulevé mardi
le cas des deux enfants (âgés de 2 ans et 8 mois) de Rachid Kasereka, le garde
du corps qui a abattu Kabila, qui sont incarcérés depuis plus d'un an avec leur
mère à la prison centrale de Kinshasa. Le ministère public s'est défendu en
déclarant "ne pas avoir fait arrêter 'enfants" et le président de la
Cour a demandé à l'avocat de la mère, qui a accouché d'une petite fille en
prison, de rechercher un placement pour eux.
afp/abp MARS 02