Burundi - Education

Le secteur éducatif souffre de disparités géo-sociales

            BUJUMBURA, 25 mars (ABP) - Le ministre burundais de l'Education nationale, M. Prosper Mpawenayo, a ouvert lundi matin à Bujumbura un séminaire-atelier pour l'élaboration du "programme national de l'éducation pour tous" qui durera deux jours. A l'agenda du séminaire, il est prévu des débats portant sur des sous-thèmes sur l'éveil et le développement de la petite enfance, la protection et l'éducation des enfants défavorisés et vulnérables, la scolarisation des filles, l'éducation non formelle, la formation des enseignants des écoles primaires, la production des manuels scolaires, les programmes de l'enseignement primaire formel ainsi que le développement des infrastructures et équipements scolaires. Dans ce cadre, le ministre Mpawenayo a plaidé pour l'émergence au Burundi "d'une école plus équitable" qui permettra de corriger les disparités multiformes et bénéficiera des moyens de scolarisation répartis équitablement. Il a précisé qu'une telle école devrait former un individu compétent en savoir et en savoir-faire pour agir activement et positivement sur son milieu de vie mais aussi créatif et ouvert au monde. M. Mpawenayo a rappelé que le secteur burundais de l'éducation souffre actuellement des disparités géographiques et sociales et que l'une des actions stratégiques pour faire face à ce défi serait de doter chaque colline de recensement d'au moins une école primaire. Le ministre burundais de l'Education nationale a saisi l'occasion pour rappeler l'instruction du gouvernement qui indique qu'aucun écolier indigent au primaire, qu'aucun élève indigent au secondaire ne sera refoulé de son établissement à cause du manque du minerval, de frais scolaires et des uniformes. Il a ajouté que de tels frais doivent être pris en charge par les collectivités locales et l'Etat du Burundi. Au nom des parrains du programme "Education pour tous" (EPT), le représentant de l'UNESCO au Burundi, M. Sow Yacouba, a de son côté souligné que le programme est un défi mondial à relever pour qu'au Burundi tout comme sous d'autres cieux, l'enseignement primaire soit "obligatoire et gratuit" pour tous d'ici 2015.            abp            dd/dn   MARS 02

 

Mwaro - Economie

Les agriculteurs se plaignent des taxes sur les denrées alimentaires non écoulées

            MWARO, 25 mars (ABP) - L'approvisionnement des marchés locaux en denrées alimentaires en province de Mwaro (centre-ouest du Burundi) est abondant cette année plus que l'année dernière parce que la régularité des pluies a occasionné une bonne récolte, surtout en tubercules, mais les agriculteurs se plaignent de la chute brutale des prix de ces denrées, si bien qu'ils ne peuvent plus y compter pour s'offrir les autres produits de première nécessité. La patate douce est à titre d'exemple vendue à 30 FBu le kilo voire moins sur certains marchés reculés. Il faut alors vendre plus de 25 kg de ces tubercules pour pouvoir s'acheter un kilo de sucre tandis que l'agriculteur qui en offre un panier de 15 kg n'a que juste ce qu'il faut pour avoir droit à un litre d'huile de palme ou un seul kilo de sel de cuisine après avoir payé la taxe communale de 100 FBu exigée par les percepteurs qui guettent constamment chaque vendeur à la place du marché. Cette taxe pratiquée sur des produits agricoles qui souffrent de la mévente est contestée par les agriculteurs qui demandent d'en être exemptés. Le gouverneur de Mwaro, rappelle-t-on, avait recommandé fin février aux administrateur communaux de voir comment  détaxer ces produits agricoles qui ne sont pas facilement écoulés pour ne pas décourager les producteurs. Mais cette recommandation n'a jamais connu de suite favorable.            abp gb/dn  MARS 02

Kayanza - Sécurité

Quatorze blessés dans une explosion d'une grenade au marché central de Kayanza

            KAYANZA, 25 mars (ABP) - Une grenade défensive a explosé dimanche au marché de Kayanza (nord du Burundi) faisant 14 blessés dont 8 sont dans un état grave à l'hôpital de la place, a-t-on appris de sources administrative et militaire. Les mêmes sources précisent que cette grenade a été lancée par un ancien militaire, déserteur du 32ème bataillon basé à Marangara en province de Ngozi, qui a été vite appréhendé par les agents de sécurité sur place. Selon les témoignages recueillis auprès des rescapés, le délinquant se chamaillait avec un autre pour une affaire de vélo qu'il avait loué mais refusait de donner l'argent. Quand il a vu un agent de l'ordre venir, le délinquant a commencé à se battre avec ce dernier, une grenade dans la main, avant de la dégoupiller et la lancer. Il a été lui aussi blessé à une jambe. Les forces de l'ordre sont allées ensuite fouiller dans la maison où habitait l'individu, actuellement détenu à la Police de sécurité publique de Kayanza. Elles y ont trouvé d'autres grenades et des sacs de chanvre.                       abp            ak-fmb/dn   MARS 02

 

Bubanza - Justice

Le local du tribunal de Ntamba fermé par son propriétaire pour non paiement des loyers

            BUBANZA, 25 mars (ABP) - Le tribunal de résidence de Ntamba, en commune Musigati, dont le local a été récupéré par son propriétaire à cause du non paiement des arriérés de loyers, est fermé depuis le 11 mars, apprend-on de source judiciaire à Bubanza (nord-ouest du Burundi). Le propriétaire de la maison a pris cette décision pour exiger le paiement des arriérés de loyers de plus d'une année, a révélé à l'ABP le président du tribunal de Ntamba, M. Saïd Ndikuriyo. La location était de 5.000 FBu par mois et devait être payée par la commune de Musigati, a-t-on précisé de même source. Actuellement, selon M. Ndikuriyo, les dossiers sont conservés chez un autre particulier. L'administrateur communal de Musigati avait promis aux agents de ce tribunal une autre petite maison située près de la zone Ntamba, mais cette dernière a été par la suite occupée par une position militaire, indique M. Bigirimana. Le tribunal de Ntamba dont les propres locaux avaient été détruits durant la crise de 1993, siégeait dans la maison de ce particulier depuis 1997. Avant la crise, la commune Musigati avait trois tribunaux de résidence à Ntamba, Musigati et Muyebe. Les locaux du tribunal de Muyebe ont été également détruits et ce dernier ne fonctionne plus. Selon le président du tribunal de Grande instance de Bubanza, la commune Musigati est la seule à avoir plus d'un tribunal pour approcher davantage la justice aux justiciables. La plupart des dossiers enregistrés dans les tribunaux de Musigati concernent les litiges fonciers, a dit M. Bigirimana.            abp            fb/dn   MARS 02

 

Gitega - Justice

Une famille expropriée à cause d'une bicyclette volée

            GITEGA, 25 mars (ABP) - Un homme accusé d'avoir volé une bicyclette d'une valeur de 15.000 FBu a été condamné par les notables (abashingantahe) de Bugendana à céder sa propriété foncière contenant des champs de caféiers, de manioc et de bananeraies, en faveur du plaignant. Cette sanction, qui est en application depuis 2000, a plongé la famille dans une situation d'indigence, a indiqué dernièrement l'épouse de la victime au gouverneur de la province de Gitega (centre du Burundi), précisant qu'elle doit louer sa force ailleurs pour la survie du ménage. S'exprimant sur cette situation, le gouverneur de province a jugé nul et non avenu le jugement rendu par ces Bashingantahe, précisant que la famille éprouvée doit récupérer sa propriété foncière sans délai. Quant au remboursement de l'argent, il a invité les Bashingantahe à trouver d'autres modalités de paiement. Les cas d'injustices dans les règlements des conflits sont monnaie courante dans toutes les communes de la province de Gitega. Ce constat a été fait la semaine dernière à travers les doléances que la population a présentées au gouverneur de province lors de ses visites dans les communes pour transmettre les messages de paix et de sécurité. Les juges des tribunaux de résidence et les Bashingantahe ont été pointés du doigt par la population comme étant des entraves au règlement des conflits, précisant qu'ils font gagner le procès à la partie qui les corrompt.        

abp      rn/dn   MARS 02