Burundi - Danemark

Aucun réfugié ne sera forcé de rentrer au pays, selon le ministre de la Communication

            BUJUMBURA, 29 mars (ABP) - Le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, M. Albert Mbonerane, vient de rentrer d'une mission qu'il a effectuée au Danemark où il a participé, le 23 mars, à une conférence-débat sur les différents scenarii pour le Burundi, organisée à l'intention des Burundais de la diaspora. Dans une interview accordée vendredi à la presse nationale, M. Mbonerane, a indiqué qu'il a saisi cette occasion pour expliquer à ses compatriotes la situation sécuritaire qui prévaut actuellement dans le pays et l'état d'avancement de la mise en application de l'Accord d'Arusha pour la paix et la réconciliation au Burundi. Par ailleurs, le ministre a également versé dans le débat les grands défis qui restent à lever. Il s'agit notamment de la cessation des hostilités et l'obtention du cessez-le-feu global et permanent, la lutte contre la pauvreté et le rapatriement des réfugiés. Pour ce dernier point, les Burundais vivant en exil se sont montrés très sceptiques quant au retour des réfugiés pendant que la guerre continue et ont estimé même qu'envisager un tel acte dans les conditions d'insécurité relève de l'irresponsabilité. Ainsi, M. Mbonerane a-t-il rassuré ses compatriotes que le gouvernement du Burundi n'a nullement aucune intention de les forcer à rentrer et que seuls ceux qui le veulent peuvent le faire. En revanche, a précisé M. Mbonerane, le gouvernement ne ménage aucun effort pour convaincre les mouvements armés, non signataires de l'accord, de rejoindre la table des négociations. En outre, a-t-il ajouté, ce qui donne l'espoir, c'est que les institutions de transition sont unanimes sur l'urgence de négocier rapidement le cessez-le-feu. L'heure n'est plus à l'hésitation, il faut œuvrer dans le sens du scénario optimiste, car tous les Burundais sont aujourd'hui fatigués par cette guerre interminable, a-t-il conclu, ajoutant qu'en dehors de la négociation, il n'y aura pas d'autres voies pour parvenir au règlement définitif du conflit burundais.

abp      dnd/dn  MARS 02

 

Burundi - Parlement

Tout réfugié devrait rentrer dans son pays, selon Jean Minani

            BUJUMBURA, 29 mars (ABP) - Le président de l'Assemblée nationale de transition, M. Jean Minani, est rentré vendredi d'un voyage de dix jours pendant lequel il a participé à l'Assemblée mondiale des parlementaires à Marrakech au Maroc. A sa descente d'avion à l'aéroport international de Bujumbura, M. Minani a indiqué qu'il a fait à Marrakech une déclaration sur la situation au Burundi et le pas franchi dans le processus de paix, et qu'il a demandé que les parlementaires exercent des pressions sur leurs gouvernements respectifs afin qu'ils aident le Burundi. Il a ainsi obtenu une promesse d'aide de 20 millions d'euros pour les trois années à venir. L'Assemblée mondiale des parlementaires a également promis de construire le siège de l'Assemblée nationale du Burundi, à condition que le gouvernement contribue pour un tiers des frais de construction. A la question de savoir la position de l'Assemblée nationale de transition sur le rapatriement des réfugiés, M. Minani a indiqué que tout réfugié devrait rentrer dans son pays mais qu'il faut un programme de retour progressif des réfugiés en commençant par ceux qui le veulent et dans les endroits où le retour est possible, puisque le gouvernement n'est pas préparé au retour massif des réfugiés.

abp      ab/dn   MARS 02

 

Burundi - Paix

Le gouvernement burundais encourage la société civile à compléter son action

            BUJUMBURA, 29 mars (ABP) - Le chef de cabinet au ministère chargé des Réformes institutionnelles, des Droits de l'homme et des Relations avec l'Assemblée nationale, M. Emmanuel Njenje, a promis jeudi lors de la clôture du séminaire-atelier sur le rôle de la société civile dans la mise en œuvre des Accords d'Arusha, que le gouvernement du Burundi encourage le renforcement de la société civile dans son rôle principal de le compléter par son intervention dans les secteurs où l'action de l'Etat est insuffisante, inexistante ou mal dirigée. M. Njenje a indiqué que l'acceptation d'une plate-forme minimum d'adhésion à l'Accord d'Arusha par tous les participants à ce séminaire a permis la prise de conscience de la nécessité d'une solidarité plus agissante des acteurs de la société civile dans la promotion d'une bonne gouvernance et l'avènement d'un Etat de droit. Dans le processus de recherche et de promotion d'une paix durable, a-t-il ajouté, la société civile a paru incoutournable dans l'amorce de véritables changements des mœurs politiques et des comportements sociaux. Le directeur de l'Office du Haut commissaire aux droits de l'homme au Burundi a quant à lui demandé aux participants que ce forum ne soit pas un séminaire de plus mais un forum dont les recommandations permettront de comprendre que la société civile burundaise n'est plus ce qu'elle était hier. Les participants ont décidé de jeter les bases d'une action d'unité, d"objectifs et de stratégies face aux défis en cours. Il a indiqué à la société civile qu'une telle unité d'action doit se faire méthodiquement et de façon graduelle. "Elle ne doit pas être précipitée, elle doit être bien pensée, bien maîtrisée et bien conduite", a-t-il dit. Et d'ajouter que la transition vers cet objectif pourrait emprunter les voies d'une structure provisoire qui capitalisera les expériences en cours en vue de les drainer vers une telle unité sur le chemin de la reconstruction et du développement du pays.          

abp       and/dn  MARS 02

 

Burundi - Tanzanie

La Tanzanie n'a plus de raison d'empêcher les réfugiés burundais de rentrer, selon l'ambassadeur Emmanuel Rwamibango

            MUYINGA, 29 mars (ABP) - La Tanzanie n'a plus de raison d'empêcher les réfugiés burundais de rentrer a estimé jeudi l'ambassadeur du Burundi en Tanzanie, M. Emmanuel Rwamibango, s'exprimant en marge de l'accueil des rapatriés burundais à Kobero. Selon l'ambassadeur Rwamibango, la Tanzanie a intérêt plutôt à faciliter le retour des réfugiés burundais. Sur le plan de la sécurité, le Conseil de sécurité des Nations Unies savait que la Tanzanie détenait la clé de la question. La sous-région avait également la même conviction. Il ne fallait donc pas que la Tanzanie soit toujours pointée du doigt, a-t-il révélé. En plus, les Tanzaniens de l'intérieur étaient aussi menacés. Les embuscades  tendues par les bandes armées, visant les commerçants, étaient devenues légion. Sur le plan économique, la guerre du Burundi n'arrange pas du tout les opérateurs économiques tanzaniens. Ces derniers commençaient à sentir les effets néfastes de cette guerre qui ne fait que mettre à genou l'économie du Burundi, a-t-il dit. Les effets de la guerre du Burundi se répercuteraient petit à petit sur l'économie tanzanienne. Le port de Dar es-Salaam modernisé par la Tanzanie avec un investissement de 750.000.000 $ US est vide pour le moment parce que le Burundi n'importe plus comme avant. Les travailleurs sont mis en chômage, a ajouté M. Rwamibango. Ainsi, la voie la moins chère pour la Tanzanie ce n'est pas d'acheter les minutions pour combattre les réfugiés, mais celle de les faire rentrer. Revenant sur la problématique de la sécurité au Burundi, l'ambassadeur Rwamibango a souligné que le rapatriement des Burundais vivant en Tanzanie est au centre des enjeux entre les forces armées burundaises et les bandes armées. "Les camps de réfugiés burundais de Tanzanie est le vivier des bandes armées. C'est pourquoi certains de nos politiciens qui ont un regard tourné vers les rebelles disent qu'il n'est pas encore temps que les réfugiés rentrent", a conclu l'ambassadeur Rwamibango.

abp

jcnz/dn   MARS 02