Burundi -
Environnement
La forêt Kibira
menacée d'extinction.
BUJUMBURA,
6 avr (ABP) - Le point focal du projet "parc pour la paix" au
Burundi, M. Cyriaque Nzojibwami a lancé vendredi un vibrant cri d'alarme pour
la protection du parc de la Kibiri menacée d'extinction suite à une
exploitation illicite et désordonnée des ressources forestières par certains
responsables administratifs ainsi que les bandes armées, lors d'un entretien
accordé à l'ABP.
"Les menaces qui pèsent sur la Kibira sont
comparables à la maladie du sida qui guette une personne sans lui faire du mal
directement mais qui finit par l'emporter de façon dramatique, a-t-il estimé.
Un arbre âgé de plus de 300 ans est abattu sans scrupules comme si c'était, un
chien écrasé alors qu'il est difficile de le reconstituer pour des intérêts
économiques, a-t-il souligné, précisant que si on ne fait pas attention, deux
espèces d'arbres convoitées pour la qualité de leurs planches peuvent disparaître
d'ici peu. Le but de cette destruction est la vente des planches. Une planche
de 4 mètres peut coûter 7 dollars us et les autres produits du bois servent
pour la construction des villas et hôtels. Les catastrophes écologiques que va
causer la disparition de ce parc qui s'étend sur 80 km sur le sommet de la
crête Zaïre-Nil, ne sont pas ressentie actuellement par les pouvoirs publics à
l'instar du sida qui était banalisé au début des années 80 et dont la lutte a
été amorcée alors que l'eau a déjà débordé de la vase, a-t-il poursuivi. Le
problème d'aménagement des bassins versants cause des dégâts énormes sur les
ponts des rivières qui traversent la ville de Bujumbura, la capitale. Avec la
destruction de la forêt de la Kibira, les dégâts seront incontrôlables étant
donné que la majorité des rivières prennent source dans ce château d'eau. Les
barrages électriques seront détruits, les plaines seront inondées par l'eau, la
culture du thé ne sera plus possible, autant de désagréments écologiques tels
que les problèmes liés aux changements climatiques, a-t-il déploré. La Kibira
connaît également les abus de quelques responsables du parc qui profitent de la situation pour commettre des
infractions. Le dépassement des limites du parc crée par un décret du 25 janvier
2000 constitue aussi une autre menace, a-t-il encore révélé. L'institut
national pour l'environnement et la
conservation de la nature (INECN) s'attèle actuellement à la conscientisation
de la population en organisant des comités locaux de surveillance. Cet institut
compte également sensibiliser les responsables administratifs pour mener une
action vigoureuse de sensibilisation à l'endroit des hommes politiques. "La guerre n'a rien avoir avec la
protection de l'environnement" ; a-t-il insisté. Les mêmes malheurs pèsent
sur les autres parcs tel que celui de la Rusizi où les hippopotames sont tués
et chassés pour des fins commerciaux a affirmé le chef du parc de la Rusizi, M.
Alphonse Fojo. Les petites antilopes
sont capturées sous prétexte de domestication,
mais réellement pour des fins commerciaux a-t-il déploré, précisant que pour
capturer un animal du parc, il faut une autorisation de l'INECN a-t-il fait
remarquer. L'abattage des faux palmiers pour la construction des enclos et
maisons est devenue monnaie courante dans ce parc dont ladite espèce ne peut
être trouvée ailleurs dans le monde qu'au Burundi. Il existe également une
grogne des populations qui après indemnisation, ont vu leurs terres attribuées
aux autres, pour des fins agricoles et pastorales alors qu'elles faisaient
partie intégrante du parc a-t-il encore révélé.
abp chn/dm AVR 02
Burundi -
Réfugiés
D'autres
réfugiés burundais en Tanzanie rentrent chez eux
BUJUMBURA,
6 avr (XINHUA) - Un second groupe de 434 réfugiés burundais ont quitté jeudi
volontairement leurs camps dans l'Ouest de la Tanzanie pour rentrer au Burundi,
après la conclusion d'une réunion d'une commission tripartite regroupant des
fonctionnaires des gouvernements tanzanien
et burundais et du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés
(UNHCR). Selon des sources parvenues vendredi à Dar-Es-Salaam en provenance de
Ngara, dans l'Ouest de la Tanzanie, 50 376 autres réfugiés burundais se sont
déjà inscrits pour le rapatriement volontaire, après le retour le 28 mars
dernier d'un premier groupe de 430 réfugiés.
Durant la réunion de deux jours, la
commission tripartite a approuvé l'établissement d'une force spéciale chargée de préparer un programme et un
budget pour le rapatriement volontaire des réfugiés burundais. Les
gouvernements burundais et tanzanien ont répété leur objectif de rapatrier en
six mois et dans le calme les réfugiés souhaitant retourner au Burundi, et ont
demandé à l'UNHCR d'augmenter les fonds pour les opérations. Les trois parties
se sont convenues de se réunir de nouveau à une date qui n'a pas encore été
fixée à Bujumbura, capitale burundaise.
Dans les délégations participant à la
réunion figuraient le ministre tanzanien des Affaires Intérieures, Mohamed Seif
Khatib, le ministre burundais à la
Réinsertion, la Réinstallation des déplacés
et des rapatriés, F. Ngendahayo, ainsi que le représentant de l'UNHCR en
Tanzanie, Crystantus Ache. La
commission tripartite a été établie en
mai 2001 comme organe principal chargé de préparer et de surveiller la mise en
application de l'Accord tripartite sur le rapatriement volontaire des réfugiés
burundais.
Xinhua/abp AVR 02
Burundi -
Société
Il faut punir
sévèrement les adultes qui incitent les jeunes à la débauche
BUJUMBURA,
6 avr (ABP) - Les travaux du séminaire sur la sensibilisation à la cohabitation
pacifique et à la lutte contre le sida, organisé à l'intention des orphelins de
guerre et du sida, se sont terminés vendredi à Bujumbura par un appel que les
participants ont lancé à l'endroit du gouvernement afin qu'il puisse punir
sévèrement les adultes qui incitent les jeunes à la débauche. Ils ont également demandé au gouvernement
d'occuper utilement ces orphelins en leur offrant de l'emploi, évitant ainsi
qu'ils soient entraînés à la délinquance. Dans cette perspective, le
gouvernement est appelé à tout mettre en œuvre pour arrêter des stratégies
susceptibles de favoriser la création d'emplois. Il importe également de mettre
un accent important sur la lutte contre la consommation de la drogue et des
stupéfiants. Au chapitre de la paix , les séminaristes ont exhorté l'Etat
d'identifier et punir les auteurs du génocide et d'autres crimes odieux et de
bannir à jamais l'impunité qui ronge la société burundaise. Pour sa part, le
ministre ayant en charge la lutte contre le sida, Mme Généviève Sindabizera, a
rappelé lors de la clôture, que l'accord d'Arusha pour la paix et la
réconciliation des burundais est un pas important vers la résolution du conflit
burundais qu'il faut soutenir. Elle a
saisi cette occasion pour souligner que le sida, plus qu'un problème de santé,
est un problème pour tout le peuple burundais.
En effet, 20,5% de la population en milieu urbain contre 7,5% en milieu
rural sont atteints du sida. Elle a ainsi convié ces élèves orphelins à être
des modèles dans leur milieu en adoptant des comportements sains et
responsables vis-à-vis de la sexualité. Le représentant légal de ORPHA'S AID,
M. Gérard Mbonabuca a quant à lui, exhorté les participants de constituer des
relais pour la sensibilisation à la paix et à la reconstruction du pays déchiré
par plusieurs années de guerre. Ils
doivent également traduire dans les faits, un plan d'action proposé lors de ce
séminaire pour la lutte contre le sida.
Notons aussi que les organisateurs de ce séminaire ont octroyé des dons
divers à ces 50 élèves orphelins.
abp dnd/dm AVR 02