Burundi - Pauvreté

Soixante pour cent des Burundais en dessous du seuil de la pauvreté

            BUJUMBURA, 11 avr (ABP) - Soixante pour cent des Burundais vivent en dessous du seuil de la pauvreté, a déclaré jeudi le président Pierre Buyoya à l'ouverture des consultations thématiques des bailleurs de fonds sur le cadre stratégique intérimaire de croissance et de lutte contre la pauvreté dans ce pays. Cette pauvreté, a-t-il dit va s'accroître si les efforts du gouvernement ne sont pas appuyés substantiellement par la communauté internationale. Il a souligné que, même si une avancée significative est perceptible dans le domaine politique, la paix risque d'être gravement hypothéquée par une situation économique et financière de plus en plus difficile. L'élaboration du cadre stratégique de croissance et de lutte contre la pauvreté au Burundi a démarré en juillet 2000 avec l'appui de la Banque mondiale, du PNUD, de l'Union européenne et de la Belgique. Plus de 3.400 personnes de toutes les catégories sociales, dont 30% de femmes déléguées par leur base, ont participé à la consultation pour élaborer un document qui a été adopté cette année. Le président Buyoya a invité les partenaires du développement du Burundi, présents à la réunion, de consentir les moyens appropriés pour assurer la réussite de ce programme élaboré avec les communautés de base qui sont les bénéficiaires du développement. Les principaux axes issus des consultations participatives sont notamment la promotion de la paix et de la bonne gouvernance, l'amélioration de l'environnement macroéconomique, la promotion de la qualité et l'accès aux services sociaux de base, l'insertion des sinistrés du conflit et des groupes défavorisés dans le circuit économique, la lutte contre le Sida ainsi que la promotion de la participation de la femme.

abp      fn/dn  AVR 02

 

Burundi - Coopération

Les conditions sont propices pour une reprise de l'aide internationale

            BUJUMBURA, 11 avr (ABP) - Le président de la République du Burundi, M. Pierre Buyoya, a reçu en audience jeudi matin MM. Jacques Loup et Tore Gjos respectivement directeur-adjoint du bureau régional pour l'Afrique au siège du PNUD à New York et ambassadeur du Royaume de Norvège au Burundi venus tous à Bujumbura pour participer aux consultations thématiques des bailleurs de fonds sur le cadre stratégique intérimaire de croissance et de lutte contre la pauvreté. M. Loup a précisé à la presse qu'il a eu avec le chef de l'Etat un entretien centré sur cette réunion des bailleurs de fonds avec les autorités nationales ainsi que l'appui que le PNUD pourrait y apporter étant donné que cet organe onusien voudrait débloquer dans les jours à venir un montant de 30 millions de dollars américains promis à Paris et à Genève afin d'accompagner le processus de paix burundais pendant la période de transition. Le PNUD s'investit également pour obtenir un cessez-le-feu général au Burundi, a dit M. Loup, avant de préciser qu'il ne cessera de plaider auprès de la communauté internationale pour la convaincre sans plus attendre de reprendre l'aide envers le Burundi. C'est un processus qui prendra du temps à cause des 8 ans de crise et de la suspension de la coopération internationale, a indiqué M. Loup. Mais, a-t-il ajouté, cette réunion, qui se tient cette fois-ci dans la capitale burundaise après celles de Paris et Genève, donnera sans doute l'occasion aux bailleurs de fonds de se rendre compte eux-mêmes que la vie est normale au Burundi et que les conditions sont propices pour une reprise de la coopération.

De son côté, le nouvel ambassadeur de Norvège, M. Tore Gjos, qui en a profité pour présenter ses lettres de créance au chef de l'Etat, a souligné que son pays entend élargir sa coopération avec le Burundi surtout dans le domaine du commerce et dans le cadre des organisations régionales comme la Communauté économique des pays de l'Afrique de l'Est et l'Initiative du Bassin du Nil dont le Burundi fait partie.

abp

adn/dn   AVR 02

 

Burundi - Réfugiés

Plus d'un demi millier de réfugiés rentrés jeudi de la Tanzanie

            BUJUMBURA, 11 avr (ABP) - Quelque 520 réfugiés Burundais sont rentrés ce jeudi par le point d'entrée de Kobero (frontière burundo-tanzanienne) a constaté l'ABP sur place. Ces personnes, constituées pour la première fois en majorité d'adolescents et d'enfants, habitaient dans les camps de Lukole (Tanzanie) situés à 37 km de la frontière burundaise. Ces réfugiés, qui viennent dans le cadre du rapatriement organisé par le HCR, arrivent avec les effets qu'ils possédaient dans les camps, ce qui n'était pas le cas des rapatriés spontanés dont les biens ont été pour la plupart pillés en cours de route sur le sol tanzanien. A leur arrivée, ils ont été accueillis par les responsables de l'administration locale, le HCR et les forces de l'ordre. Après avoir subi une fouille sommaire de la police burundaise, ils ont été acheminés immédiatement vers le site de transit de Songore de la commune Kiremba en province de Ngozi (nord) où ils ont été enregistrés par province d'origine et reçu du HCR des paquets retour constitués de vivres, ustensiles de cuisine, couvertures, tentes et instruments aratoires. Ils seront conduits vendredi en camions du HCR vers leurs provinces d'origine, signale-t-on. Jusqu'ici, il ne restait que 6 personnes à Songore qui n'étaient pas encore rentrées car ne pouvant pas reconnaître leurs collines d'origine. Ces personnes avaient pris le chemin de l'exil en 1972, mais il leur est impossible, 30 ans après, de se souvenir de leurs collines d'origine, apprend-on sur place. Cette vague est la 3ème depuis le 4 avril lorsque sont rentrées respectivement 430 et 426 personnes, signale -t-on.

abp

jm-fmb/dn  AVR 02

           

Burundi - CICR - Armée

Les belligérants burundais invités à respecter le droit international

            BUJUMBURA, 11 avr (ABP) - Le représentant du CICR au Burundi, M. Christophe Beney, a lancé mercredi un appel aux belligérants pour qu'ils respectent le droit international, à l'occasion de la clôture d'un séminaire de formation des officiers de l'armée burundaise en droit international humanitaire. Ce droit, a-t-il dit, limite les méthodes et moyens de faire la guerre et protège les personnes qui ne participent pas aux hostilités. Le chef de la délégation du CICR a rappelé les règles essentielles dudit droit, à savoir le respect des civils et de leurs biens, le respect des combattants blessés, capturés ou qui se rendent et le respect des infrastructures médicales, culturelles et religieuses ainsi que de l'emblème de la Croix-Rouge. Pour M. Beney, une bonne connaissance de ce droit n'est pas en soit une fin, mais faut-il qu'elle entraîne un meilleur respect de ce même droit, bref un meilleur respect de la vie et de la dignité humaines. Avant de remettre les certificats de participation aux vingt séminaristes, le général de brigade Bernard Bijonya, s'est réjoui des résultats atteints pendant la formation, précisant que l'armée burundaise compte désormais 20 officiers de plus pour diffuser le droit des conflits armés. Il a réaffirmé la volonté du corps de l'armée de collaborer avec le CICR pour élever les valeurs d'humanité à un niveau plus haut pour le bien de tous. Le commandant de l'ISCAM (Institut supérieur des cadres militaires), le colonel Pascal Nzimana, a pour sa part souhaité que le sens de l'humanisme et de la tolérance puisse toujours prévaloir surtout en cette période où une partie de l'humanité, y compris le Burundi, vit dans un contexte de guerre.                 

abp   

vm/dn   AVR 02