Burundi - Law group
Risque de
somalisation au Burundi
BUJUMBURA, 3 juin (ABP) - M. Saturnin Coyiremeye a fait une analyse des atouts et risques majeurs de la période de transition en matière de droits de l'homme dans le cadre d'un atelier intitulé "Transition politique et droits de l'homme" organisé du 3 au 5 juin par Law group à Bujumbura. M. Coyiremeye, président de l'Association burundaise de lutte contre la torture (ACT), a indiqué que cette analyse intervient six mois après la signature de l'accord d'Arusha et au moment où tout le monde se pose la question de savoir à quand la fin de la guerre. La période de transition a des atouts majeurs que la guerre rend hypothétique, a-t-il souligné, avant de reconnaître qu'on est mal parti puisque la guerre persiste alors que les institutions de transition ont été mises en place. Se référant à l'accord de paix et de réconciliation d'Arusha, il a essayé de relever des atouts dont notamment le fait qu'il laisse entrevoir l'abstraction des différences ethniques, la paix et la réconciliation, une nouvelle forme de démocratie, une promotion de défense des droits de l'homme. Il y a eu aussi identification des causes et des acteurs des conflits burundais, a-t-il ajouté. Parmi les risques majeurs de la période de transition en matière de droits de la personne, M. Coyiremeye a pu relever entre autres la consécration de l'ethnisme, la question des quota et le bicéphalisme dans les institutions politique en G10 et G7 qui risque de pérenniser la guerre. L'application de l'accord reste un rêve dans cette situation de guerre, a-t-il déploré. La pérennisation de la guerre bloque la reprise de la coopération et il y a risque de somalisation à cause justement de cette guerre, a-t-il poursuivi.
abp jmh/dm/ar JUIN 02
Burundi -
Rougeole
La mortalité
due à la rougeole est estimée à 54% pour les enfants âgés de 9 mois à 14 ans
BUJUMBURA, 3 juin (ABP) - Le ministère de la Santé publique en collaboration avec l'UNICEF a organisé lundi une journée de mobilisation sociale en faveur de la campagne de vaccination contre la rougeole. Au cours de ces travaux, le Dr Sévérin Sinkiyajako a indiqué dans un exposé, que la mortalité due à la rougeole au Burundi est estimée à 54% en même temps qu'elle cause la morbidité et la mortalité infantile pour des enfants âgés de 9 mois à 14 ans. Il a été observé que la couverture vaccinale de 90% laisse au moins 10% d'enfants non vaccinés tandis que chez les enfants vaccinés environ 15% ne sont pas protégés. En conséquence, cette situation permet l'éclosion de l'épidémie après une courte période de vaccination. En revanche cette campagne permet de renforcer l'immunité des enfants dont l'âge se situe entre un an et 15 ans. Ainsi, a-t-il souligné, l'organisation de journées locales de vaccination a pour objectif d'éradiquer la maladie dans le pays et le contrôle de la carence en vitamine A dans les provinces ciblées. abp dnd/dm/ar JUIN 02
Burundi -
Société
Il est temps
de redonner la dignité aux petites filles
BUJUMBURA, 3 juin (ABP) - Dans
le domaine de l'éducation, le ministère de l'Action sociale et de la Promotion
de la femme a comme priorité de rendre justice à la jeunesse burundaise en
identifiant les facteurs qui retiennent la fille en arrière, a fait remarquer
la ministre Goreth Nduwimana lors de l'ouverture d'un atelier de consultation
et de coordination des points focaux sur l'approche genre. On enregistre
aujourd'hui un taux d'alphabétisation de 27,38% des femmes contre un taux de
48,32% d'hommes. Plus de 72% de la population féminine n'ont pas accès à une
considération sociale parce que non instruites. Les chiffres montrent également
que les abandons scolaires, l'absence d'alternative de formation pour les
filles éjectées du système éducatif et le faible accès des filles à
l'enseignement supérieur, constituent des barrières à la participation de la
femme à la réhabilitation de leur pays, a-t-elle déploré. Au niveau du
développement, la priorité du ministère ayant en charge la promotion de la
femme, est de garantir à la femme
l'accès aux sources de production comme le crédit et la propriété foncière. Que
peut-on donc faire pour accélérer cet accès afin de ralentir la descente aux
enfers s'est-elle interrogée. Au regard de la constitution de transition et des
conventions internationales que le Burundi a ratifiées, il est impératif que
les différentes structures de l'Etat s'investissent résolument dans la
promotion et la défense des droits de tous les citoyens sans discrimination. Il
est temps de redonner la dignité aux petites filles, souillées et ruinées
pyschologiquement par les adultes sans moral qui tirent profit de l'impunité et
de laisser dire le droit contre ceux qui continuent à faire subir des violences
de toute sorte à la femme en faisant fi de toutes les lois qui reconnaissent à
chaque individu le droit à son intégrité physique et morale. Un avant projet
sur les régimes matrimoniaux, les successions et les libéralités est en cours
d'élaboration, a révélé Mme Nduwimana. La population burundaise endure des
souffrances énormes et la population féminine reste de loin celle dont les
conditions sanitaires sont des plus misérables. Au delà des problèmes inhérents
à la situation de conflit que connaît le Burundi, le ministère en charge de l'Action
sociale fait face au problème de coordination des structures intervenant en
matière de promotion de la femme, note-t-on. abp chn/dm/ar JUIN 02
Burundi -
Santé
Session de
formation des médecins sur la prescription des antirétroviraux
BUJUMBURA, 3 juin (ABP) - Le ministre de la Santé publique, le Dr Jean Kamana a ouvert lundi à Bujumbura, une session de formation des médecins sur la prescription des antirétroviraux et le suivi biologique des malades du Sida. Dans un mot de circonstance, il a souligné que ce cours sur la prescription des antirétroviraux, qui est le premier du genre au Burundi, vient à point nommé. En effet, il s'inscrit dans la continuité des initiatives nationales destinées à améliorer la prise en charge des patients vivant avec le VIH/Sida. Au Burundi, le Sida est devenu la première cause de décès chez l'adulte et une cause importante de mortalité infantile. Dans les hôpitaux de Bujumbura, a-t-il relevé, plus de 60% de lits en médecine interne sont occupés par des personnes souffrant du VIH/Sida. Cette maladie, exerce également une pression considérable sur les budgets des familles ne disposant pas de moyens suffisants pour payer les frais d'hospitalisation. Actuellement, environ 650 personnes suivent un traitement antirétroviral. Or, le défi qui est lancé consiste à changer d'échelle pour prendre en charge une fraction significativement élevée. Il s'agit de permettre à des dizaines de milliers de patients et dont la plupart résident dans les provinces du pays, d'accéder au traitement antirétroviral. Cette formation, qui se déroulera pendant cinq jours, s'adresse à une cinquantaine de médecins et a pour but de renforcer leur capacité dans la prise en charge médicale des personnes vivant avec le VIH/Sida. abp dnd/dm/ar JUIN 02
Burundi -
Education
Parents et
élèves commencent à se lasser de la grève des enseignants
BUJUMBURA, 3 juin (ABP) - La grève déclenchée le 13 mai dans le secteur
de l'enseignement se poursuit et les écoliers et élèves commencent à se lasser
de ces vacances forcées, observe-t-on à Bujumbura. Même les écoles privées sont
pratiquement toutes fermées. Les élèves en uniformes se rendent le matin à
l'école et, ne trouvant pas d'enseignants sur place pour les occuper, se
livrent au vagabondage à partir de 10 heures. Ils flânent ainsi jusqu'à midi,
le temps de rentrer à la maison. Selon des élèves du centre scolaire tanzanien
de Bujumbura, il est dur de rester sans rien faire aussi bien à l'école qu'à la
maison. Pour les parents interrogés, l'encadrement de ces enfants jetés dans
l'oisiveté par la grève des enseignants est un véritable casse-tête chinois.
Alors que les tractations se poursuivent entre les syndicalistes grévistes et
le pouvoir, les élèves et les parents commencent à trouver le temps trop long
et l'on redoute la prolongation des cours pendant la période de la chaleur
torride de la saison sèche. abp jm/dm/ar JUIN 02