Burundi - Rébellion

Le porte-parole de l'armée burundaise accuse des parlementaires d'être de mèche avec la rébellion

            BUJUMBURA, 5 juin (ABP) - Le porte-parole de l'armée burundaise, le colonel Augustin Nzabampema, a affirmé mercredi que les rebelles burundais ont tiré sur la ville de Bujumbura à partir du Lac Tanganyika sept roquettes Katioucha dans la nuit de mardi à mercredi. Ces éléments rebelles ont lancé ces roquettes à partir d'une petite barque équipée d'un moteur, qui était dissimulée au milieu de petits bateaux de pêche aux alentours du port de pêche de Kajaga, non loin de la ville, a-t-il indiqué, avant de préciser qu'ils sont venus de la RD Congo.

Une roquette est tombée sur Buyenzi où elle a blessé six personnes dont deux graves, une autre sur Bwiza où elle a complètement détruit une toiture d'une maison mais sans faire de victimes humaines, d'autres sur différents points de la ville, a-t-il expliqué. Des mesures de sécurité ont été immédiatement prises à savoir l'interdiction de la pêche sur le lac Tanganyika, la fermeture du port de pêche de Kajaga et celui de Gitaza, ainsi que d'autres mesures pour renforcer la protection du Lac Tanganyika, a-t-il dit. Le colonel Augustin Nzabampema a démenti les rumeurs propagées par des parlementaires gagnés à la cause de la rébellion qui font croire que c'est la marine de l'armée burundaise qui aurait tiré ces roquettes pour provoquer l'état d'exception. Il a demandé aux burundais et aux étrangers de ne pas leur prêter oreilles. "Il n'y a pas de lien entre ce qui s'est passé à Kamenge mardi dans l'après-midi et les roquettes tirées dans la nuit", a-t-il tenu à préciser.

abp

jmh/dm/ar   JUIN 02

 

Karusi - Sécurité

La grève des enseignants et le rapatriement ne tranquillisent pas

            KARUSI (centre-est du Burundi), 5 juin (ABP) - Le comité restreint de sécurité composé du cabinet du gouverneur, des forces de l'ordre et des corps de police vient de se réunir pour parler de la grève des enseignants, du rapatriement volontaire, de la criminalité, des partis politiques, des bandes armées et de la prestation des fonctionnaires. La grève des enseignants, surtout ceux du primaire car le secondaire fonctionne normalement, inquiète l'administration. Non seulement les enseignants ont arrêté le travail mais aussi sont entrain de créer un nouveau syndicat qui les sépare de leur collègue du secondaire. Il s'agit du Syndicat national du personnel de l'enseignement primaire (SYNAPEP).

Le rapatriement, lui aussi ne tranquillise pas, car en effet, les assaillants peuvent se camoufler dans les réfugiés qui rentrent et retrouver leurs caches d'armes qui sont supposées être nombreuses à Karusi. En rapport avec la criminalité et la délinquance de tout genre, l'application ferme de la loi et la saisine d'office ont été recommandées aux corps concernés. Aussi, même si la situation sécuritaire n'est pas du tout catastrophique, pour éviter le risque de confusion, le gouverneur de province a demandé que le travail de tout en chacun soit synergique.

abp

lnsh/ar   JUIN 02

 

 

 

Gitega - Société

Visite du Nonce apostolique aux Batwa de Gitega

            GITEGA, 5 juin (ABP) - Le Nonce apostolique au Burundi en compagnie des délégués des Agences des Nations Unies représentées au Burundi dont le coordonnateur des activités des Nations Unies se sont rendus mardi en province de Gitega (centre du Burundi) où ils ont successivement visité trois villages des Batwa (pygmées), ethnie minoritaire naguère en arrière du développement, respectivement à Nyabiraba et Bungere en commune Makebuko et à Rukoba en commune Gitega. Cette visite avait l'objectif de se rendre compte de l'état d'avancement du programme de promotion socio-économique des Batwa réalisé par deux congrégations de l'archidiocèse de Gitega à savoir "les Apôtres du Bon Pasteur" et "les Missionnaires d'Afrique".

 En initiant cet encadrement des Batwa, ces congrégations ont voulu que cette composante puisse rattraper le retard connu en matière de développement et partant puisse dépasser le complexe de marginalisation qui était lié à leur état d'extrême pauvreté, a souligné le père Herman Harakandi, responsable des "Apôtres Bon Pasteur". Grâce à cet encadrement, actuellement 215 familles Batwa des communes Gitega, Bugendana, Giheta et Makebuko jouissent d'un logement décent, d'un élevage des chèvres, d'un encadrement agricole, d'une assistance médicale et d'une scolarisation suivie des enfants. 22 familles Batwa de la province Karusi bénéficient aussi cet encadrement. Pendant cette saison sèche 2002, les "Apôtres du Bon Pasteur" et les "Missionnaires d'Afrique" comptent construire 150 maisons destinées aux mêmes familles des Batwa dont 65 à Gitega, 60 à Karusi (centre-est) et 25 autres à Mwaro (centre-ouest du Burundi). Les visiteurs ont fort apprécié le caractère positif de ce programme qui a permis l'épanouissement des Batwa qui rompent de mieux à mieux avec leur mode de vie qui était semi-nomade. Comme perspective d'avenir, ces deux congrégations ont signalé la nécessité de construire un internat où les écoliers Batwa seront nourris et encadrés. Ceci leur donnera plus de chance d'accéder à l'école secondaire. L'extension de ce programme à travers tout le pays a été aussi souhaité. Les visiteurs ont salué le courage de ces deux congrégations et ont promis de leur apporter le soutien chaque fois que cela s'avérera nécessaire.

abp      cb/ar   JUIN 02

 

Mwaro - Développement

La production agricole ne parvient pas à alléger le phénomène de pauvreté

            MWARO, 5 juin (ABP) - Les précipitations régulières qui ont caractérisé les dernières saisons culturales ont permis aux agriculteurs d'enregistrer de bonnes récoltes vivrières, a indiqué  la semaine dernière le directeur provincial de l'agriculture et de l'élevage à Mwaro (centre-ouest du Burundi), M. Nabor Barancira dans une séance d'échange entre les responsables des services provinciaux et les députés ressortissant de Mwaro. Même pour les quelques collines des communes Gisozi, Ndava et Nyabihanga frappées par la grêle et la vallée de la rivière Kaniga qui a souffert des inondations, les ménages concernés ont été appuyés par le PAM, si bien que la majorité des ménages n'ont pas actuellement un problème de famine.

 Mais cette situation n'empêche pas les populations d'avoir une mauvaise alimentation étant donné que la plupart d'entre elles ne mangent que ce qu'elles produisent dans leurs propres propriétés (comme les tubercules) et n'ont pas accès aux compléments qu'elles devraient tirer des marchés. Cette production vivrière n'entraînant pas donc l'augmentation des revenus, les populations restent aussi avec leurs problèmes d'accès aux services de santé, d'éducation des enfants,… La même source indique que le constat de terrain est que l'accès aux médicaments, aux produits phytosanitaires et vétérinaires et autres intrants agricoles reste difficile, souhaitant que les appuis qui se manifestent dans la réhabilitation des écoles et centres de santé devraient aussi intégrer des revenus en vue de permettre aux populations de jouir de ces services qui demandent des moyens financiers.

abp

gb/ar   JUIN 02